Je posai une main ferme sur son bras :
— Explique-toi, Patricia. Maintenant.
Elle leva les yeux, ses joues ruisselantes.
— Evan et moi… nous nous sommes rapprochés, il y a plusieurs mois. C’était une erreur, un moment de faiblesse. Mais quand j’ai appris que tu étais enceinte, j’ai eu la certitude que l’enfant pourrait être de lui… ou de moi, dans un autre monde où c’était moi qu’il avait choisie.
Ses mots me transpercèrent comme des éclats de verre. Evan voulut intervenir, mais je levai la main. J’avais besoin d’entendre toute sa vérité, sans interruption.
Patricia continua, le regard fou :
— J’ai repeint cette chambre parce que je ne voulais pas que ta mère, ton passé, ton héritage, dominent cet enfant. Je voulais qu’il ait quelque chose de… différent, de nouveau, comme une partie de moi dans sa vie.
Le silence qui suivit était étouffant. Seul le souffle paisible de mon bébé me ramenait au réel. Je sentais une rage brûler en moi, mais aussi une immense tristesse…
