Je travaille comme caissier depuis de nombreuses années dans un grand supermarché. Avec le temps, on apprend à reconnaître certains visages, certaines habitudes, et même certains comportements. Chaque dimanche, une cliente se distinguait particulièrement des autres. Non pas par son élégance ni par son sourire, mais par la manière dont elle traitait la femme qui l’accompagnait : sa domestique.
Cette femme donnait des ordres secs, souvent humiliants. Sa voix résonnait dans les rayons :
— « Dépêche-toi ! »
— « Tu ne vois pas que tu fais tout de travers ? »
— « Comment peux-tu être si maladroite ? »
La domestique, discrète, se contentait de baisser les yeux et d’obéir. Elles avaient sensiblement le même âge, mais tout les séparait : la cliente parlait parfaitement la langue locale, portait des vêtements coûteux, et respirait l’assurance. Sa domestique, au contraire, semblait venir d’un milieu plus modeste. Elle comprenait à peine ce qu’on lui disait et se déplaçait timidement entre les rayons, toujours sous le regard sévère de sa patronne…..
