Un incendie ravagea l’immeuble où elle vivait. Des flammes immenses dévoraient déjà le couloir lorsque ses oreilles captèrent des cris. Sans hésiter, Alia se précipita dans la fumée. Elle réussit à sauver une mère et son fils, Lesha. La mère succomba à ses blessures, mais l’enfant survécut. Quant à Alia, elle fut sortie de l’enfer à demi inconsciente.
Son corps porta les marques du feu, mais ce fut surtout son esprit qui se brisa. Sa voix, pourtant intacte, se tut. Elle s’enferma dans un mutisme volontaire, coupée du monde. Peu après, sa propre mère s’éteignit, et le silence devint son refuge.
Elle abandonna l’enseignement, cessa d’exposer ses toiles. Sa vie se réduisit à un petit appartement, quelques aquarelles inachevées et un aquarium dont les poissons semblaient être ses seuls confidents. Finalement, elle accepta un poste de femme de ménage. Qui aurait besoin de paroles d’une simple employée d’entretien ?
Et ainsi, trois ans passèrent.
Un matin comme tant d’autres, l’agence se préparait à accueillir une visite importante. Les employés s’agitaient, ajustant leurs cravates, vérifiant les dossiers. Une berline noire s’arrêta devant la banque. De là descendit Sergueï Mikhailovitch, le directeur régional. Un homme respecté, redouté même…..
