Depuis que j’ai emménagé dans cette maison de campagne, mon étang était mon refuge, mon lieu de paix. C’était un bassin creusé il y a plus de cinquante ans par mon grand-père. Chaque pierre, chaque plante qui l’entourait avait une histoire. L’été, mes petits-enfants y plongeaient avec des rires cristallins ; l’hiver, la glace se transformait en patinoire improvisée.
Mais pour mon voisin Brian, l’étang représentait tout le contraire. Il voyait en lui une nuisance : une source d’insectes, un marécage qui, selon lui, abîmait la terre et un repaire de grenouilles trop bruyantes la nuit. À chaque rencontre, il glissait une remarque acerbe :
— « Vous savez, cet étang attire toutes sortes de bêtes… »
Je répondais toujours avec calme, persuadée que l’harmonie entre voisins était plus importante qu’une querelle inutile. Mais au fond de moi, je savais qu’il nourrissait une rancune……
