Ses mots me frappèrent comme un coup de poing. Mais ce qui me bouleversait encore plus, c’était de penser à Sophie. Après quatre années d’instabilité, elle croyait enfin avoir trouvé un foyer. Comment lui arracher cette certitude ?
Je passai une nuit blanche à réfléchir. Au matin, je pris la main de Claire.
— « Je comprends ta douleur. Mais adopter un enfant, ce n’est pas combler un manque, c’est offrir une vie meilleure. Si tu refuses Sophie, c’est son cœur qui sera brisé. »
Claire me regarda, les yeux embués de larmes. Elle n’avait jamais envisagé les choses ainsi. Elle pensait à sa souffrance, pas à celle de la petite.
Les jours suivants, elle observa davantage Sophie : la façon dont elle riait, ses efforts pour apprendre de nouveaux mots, son besoin constant d’affection. Petit à petit, le mur de douleur se fissura.
Une semaine plus tard, alors que je lisais une histoire à Sophie avant le coucher, Claire entra dans la chambre. Elle s’assit près de nous et, pour la première fois, elle caressa doucement les cheveux de la petite……
