Quand le cancer emporta ma mère, j’étais encore trop jeune pour comprendre toute l’ampleur de cette perte. Mais une femme prit aussitôt ma main pour me guider : ma grand-mère.
Elle devint mon pilier, ma confidente, ma source de tendresse et de discipline. C’était elle qui glissait une pomme dans mon sac avant l’école, qui me montrait patiemment comment faire revenir des oignons sans les brûler, qui restait assise à côté de mon lit les soirs d’insomnie. Elle n’était pas seulement ma grand-mère ; elle était mon monde.
Dans la famille, il y avait aussi une tante, ainsi que sa fille Lydia. Mais elles n’étaient que des ombres. Elles venaient rarement, et quand elles se présentaient, c’était souvent pour des raisons intéressées. Jamais elles n’ont aidé à porter les sacs de courses, jamais elles n’ont accompagné ma grand-mère chez le médecin. Tout reposait sur moi et, à vrai dire, cela ne me dérangeait pas : ma grand-mère et moi formions une équipe.
Quand elle quitta ce monde paisiblement, elle laissa derrière elle son unique bien : la maison. Dans son testament, elle me l’avait confiée, et j’y voyais plus qu’un toit : c’était le cœur de notre histoire, rempli de souvenirs, d’odeurs de soupe chaude et de rires partagés…..
