À soixante-quinze ans, ma vie s’était réduite à une maison trop grande et des souvenirs trop lourds. Trois ans s’étaient écoulés depuis la mort de ma fille Gianna, et le silence régnait comme un fardeau. Mon fils, Sebastian, vivait à l’étranger et ne venait qu’à de rares occasions. J’avais appris à supporter la solitude, mais je n’avais jamais cessé d’espérer un signe, quelque chose qui remplirait ce vide insupportable.
Un après-midi de printemps, en revenant de la place du marché avec mon panier de légumes, je remarquai une jeune femme assise au bord de la route. Elle portait un manteau usé, et dans ses bras reposait un bébé enveloppé dans une couverture élimée. Ce n’était pas la misère seule qui m’attira, mais son regard. Ses yeux, sombres et fatigués, ressemblaient étrangement à ceux de Gianna. Mon cœur se serra……..
