Mais quelques jours plus tard, j’ai reçu une lettre. Pas une note griffonnée. Une vraie lettre, soigneusement écrite.
> « Je ne voulais pas te laisser. Mais je ne pouvais plus supporter de vivre avec ce doute : serais-je toujours la bienvenue dans ta famille ? Ta mère m’a fait comprendre que non. J’ai besoin de temps. Pour moi, pour réfléchir. Je vous aime, toi et les filles. Mais j’ai aussi besoin de me retrouver. »
Mon cœur s’est serré, mais au moins, je savais qu’elle était vivante.
Alors, j’ai attendu. J’ai pris soin des filles du mieux que je pouvais. J’ai appris à les nourrir, à les calmer, à les aimer deux fois plus pour compenser son absence.
Et chaque jour, je leur lisais cette lettre. Pas à voix haute, non. Mais en silence, comme pour leur faire comprendre qu’un jour, leur maman reviendrait.
Trois mois plus tard, un soir de septembre, la sonnette a retenti.
Je suis descendu, les jumelles dans les bras.
Elle était là.
Fatiguée. Les yeux rougis. Mais là.
— Est-ce que je peux rentrer ? a-t-elle demandé d’une voix brisée.
Je n’ai pas répondu. J’ai juste hoché la tête.
Elle s’est approchée, a caressé la joue d’une des filles, puis a levé les yeux vers moi.
— Je suis désolée. J’ai eu peur.
— Moi aussi, ai-je murmuré.
Ce jour-là, nous avons recommencé. Lentement. Pas à pas. Avec nos filles comme lumière dans l’obscurité.
