Histoire de vendredi 21

 

Mais quelques jours plus tard, j’ai reçu une lettre. Pas une note griffonnée. Une vraie lettre, soigneusement écrite.

 

> « Je ne voulais pas te laisser. Mais je ne pouvais plus supporter de vivre avec ce doute : serais-je toujours la bienvenue dans ta famille ? Ta mère m’a fait comprendre que non. J’ai besoin de temps. Pour moi, pour réfléchir. Je vous aime, toi et les filles. Mais j’ai aussi besoin de me retrouver. »

 

 

 

Mon cœur s’est serré, mais au moins, je savais qu’elle était vivante.

 

Alors, j’ai attendu. J’ai pris soin des filles du mieux que je pouvais. J’ai appris à les nourrir, à les calmer, à les aimer deux fois plus pour compenser son absence.

 

Et chaque jour, je leur lisais cette lettre. Pas à voix haute, non. Mais en silence, comme pour leur faire comprendre qu’un jour, leur maman reviendrait.

 

Trois mois plus tard, un soir de septembre, la sonnette a retenti.

 

Je suis descendu, les jumelles dans les bras.

 

Elle était là.

 

Fatiguée. Les yeux rougis. Mais là.

 

— Est-ce que je peux rentrer ? a-t-elle demandé d’une voix brisée.

 

Je n’ai pas répondu. J’ai juste hoché la tête.

 

Elle s’est approchée, a caressé la joue d’une des filles, puis a levé les yeux vers moi.

 

— Je suis désolée. J’ai eu peur.

 

— Moi aussi, ai-je murmuré.

 

Ce jour-là, nous avons recommencé. Lentement. Pas à pas. Avec nos filles comme lumière dans l’obscurité.

 

 

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