À peine le seuil de notre maison franchi avec notre nouveau-né, elle s’est installée comme si cet espace lui appartenait. Mon mari, dans sa naïveté ou par devoir filial, m’a répété qu’elle voulait nous « soutenir ». Mais ce qui aurait dû être un appui est devenu un fardeau invisible. Elle a peuplé notre intérieur de visages étrangers, multipliant les visites alors que nous rêvions simplement de calme.
Silencieuse, je me suis effacée. J’ai absorbé mes frustrations, les enfouissant au plus profond de moi. Les journées s’étiraient dans une boucle épuisante : nourrir, changer, bercer… Sans même le temps de me restaurer. Ma belle-mère, pourtant censée m’aider, se tenait en retrait, comme si sa mission se limitait à occuper les lieux.
