Le soir du 24 décembre, je suis allée avec mon oncle et ma tante à la messe de minuit. C’est une tradition que nous respectons chaque année. À la sortie de l’église, j’ai entendu une voix derrière moi :
— “Melodia !” dit une femme avec un grand sourire.
Je me suis retournée. C’était ma mère. Mon père se tenait à côté d’elle, un peu plus âgé, mais son regard n’avait pas changé : autoritaire, impatient.
Je me suis instinctivement reculée.
— “Désolée, est-ce que je vous connais ?” ai-je répondu froidement.
Le visage de mon père est devenu rouge.
— “Qu’est-ce que c’est que ce ton ? Tu sais QUI nous sommes ?”
Je les ai regardés calmement.
— “Oui. Vous êtes les personnes qui m’ont abandonnée il y a douze ans pour vous consacrer à quelqu’un d’autre. Mes parents ? Non. Mes parents sont là.”
Et j’ai désigné mon oncle et ma tante, qui m’avaient élevée.
Un silence s’est installé. Ma mère a baissé les yeux, mon père a serré les dents. Ils n’avaient rien à répondre. Pour la première fois, c’était moi qui tenais les rênes de la conversation….
