Dix ans après le licenciement de « Madame Biscuit », notre entreprise était devenue solide, reconnue. Nous cherchions un directeur opérationnel, une personne capable de gérer l’expansion et de coordonner nos projets.
Un matin, en consultant la liste des candidatures, mon cœur fit un bond.
Un nom. Derek.
Le même prénom, le même nom de famille. Le souvenir jaillit aussitôt : le costume trop bien repassé, le sourire méprisant, et surtout, les larmes de ma mère.
J’ai décidé de le convoquer. Non pas par vengeance immédiate, mais parce que je voulais voir ce que le destin avait à offrir.
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Le jour de l’entretien, il entra dans nos locaux, toujours aussi sûr de lui. Costume sombre, poignée de main ferme, voix confiante. Mais je remarquai une légère nervosité dans son regard, comme s’il savait que l’équilibre des forces avait changé.
— Alors, dites-moi, pourquoi souhaitez-vous rejoindre notre entreprise ? lui demandai-je calmement.
— Votre société a le vent en poupe. Je veux apporter mon expérience en gestion et contribuer à votre croissance.
Il déroula son discours, parlant d’efficacité, de rentabilité, de performance. Tout sonnait creux. Aucune mention de solidarité, de respect ou de vision humaine…..
