Il répondit avec nonchalance :
— Elle devait disparaître. Trop vieille, trop fragile. Désormais, ce terrain m’appartient.
Je ne comprenais pas. Ma mère vivait encore ici, seule mais attachée à chaque pierre. Comment aurait-elle accepté une telle destruction sans même me prévenir ?
— Et ma mère ? Où est-elle ? insistai-je.
Son regard devint énigmatique.
— Votre mère a signé des papiers. Elle est partie ailleurs, volontairement.
Ces mots me parurent faux. Ma mère ne m’aurait jamais caché une décision aussi grave. Je repartis avec une angoisse croissante.
Les doutes
Les jours suivants, j’essayai de la joindre par téléphone. Silence. Son numéro sonnait sans réponse. J’interrogeai les voisins. L’une d’elles, une vieille dame au regard triste, m’avoua avoir vu ma mère quitter la maison entourée d’hommes qu’elle ne connaissait pas.
— Elle semblait inquiète. Elle appelait votre nom, dit-elle en baissant les yeux.
Mon cœur se brisa. Tout indiquait qu’il y avait eu tromperie. Mais comment ?
Je consultai un avocat. Les documents de vente étaient en règle, la signature semblait être celle de ma mère. Pourtant, quelque chose clochait : les dates ne correspondaient pas. L’acte avait été signé à une période où je savais qu’elle était malade et clouée au lit…..
