Au début, j’ai essayé de trouver des excuses rationnelles. Peut-être un parfum différent, ou une voix qui rappelait à Daisy un mauvais souvenir. Mais rien ne justifiait son attitude. Et surtout, jamais Daisy n’avait réagi ainsi face à quelqu’un d’aussi proche de nous.
Le vendredi suivant, Linda proposa de garder les enfants le temps d’un week-end. « Tu dois te reposer, Rachel », m’avait-elle dit avec ce sourire habituel, chaleureux en apparence. Mais à peine avait-elle prononcé ces mots que Daisy s’était mise à hurler, tirant sur sa laisse, aboyant sans s’arrêter, comme si elle voulait empêcher coûte que coûte mes enfants de la suivre.
Finalement, Linda partit avec eux dans sa voiture. Daisy resta figée devant la porte, gémissant, grattant le sol, le regard rivé sur la route. Son agitation ne s’apaisa pas. Pendant des heures, elle alla et vint dans le salon, haletante, nerveuse, comme si elle savait quelque chose que moi j’ignorais.
À la tombée de la nuit, je ne tenais plus. Mon instinct maternel s’alliait à l’inquiétude de ma chienne. J’ai pris mes clés et je me suis rendue chez Linda.
Devant sa maison, une atmosphère étrange régnait. Aucune lumière, aucun bruit. Tout semblait figé. J’ai frappé à la porte. Silence. Mon cœur battait fort. Finalement, j’ai osé entrer.
Linda surgit du couloir, surprise, le visage soudain livide.
— Rachel ? Qu’est-ce que tu fais ici ?
Sa voix tremblait, comme si elle avait été prise sur le fait.
— Je voulais juste voir les enfants… Daisy est très agitée, je suis inquiète……