Lorsque j’ai perdu ma mère à dix-sept ans, le monde s’est effondré autour de moi. Elle m’avait laissé son bien le plus précieux : la maison au bord du lac, ce refuge silencieux qu’elle avait façonné de ses propres mains. Chaque détail respirait son âme — les rideaux fleuris, les coussins brodés, le parfum du bois ancien.
Je n’ai jamais osé y toucher. Pendant quatre ans, j’ai gardé la clé dans mon sac, comme un talisman. Personne n’y entrait. Ni amis, ni voisins. C’était mon sanctuaire, le dernier endroit où elle vivait encore.
Mon père, lui, s’était remarié à peine un an après l’enterrement. Carla. Toujours impeccablement maquillée, ses ongles vernis de rouge criard, ses mots tranchants comme des lames. Elle s’était vite entourée d’un cercle de femmes qui partageaient son mépris pour tout ce qui n’était pas clinquant. Souvent, je les entendais rire du style de ma mère :
— « Une vraie fée des brocantes », se moquait Carla, levant les yeux au ciel…..
