Caméra histoire

 

Pourtant, Edduin ne semblait pas effrayé. Il souriait même, comme s’il connaissait déjà cette présence invisible. Peut-être, pensais-je, qu’il n’était pas en danger. Peut-être qu’elle cherchait simplement une compagnie qu’elle n’avait jamais eue.

 

J’ai pris une grande inspiration et, pour la première fois, je n’ai pas couru dans sa chambre. J’ai regardé, paralysée mais étrangement apaisée, cette silhouette fragile se dissoudre lentement dans l’air.

 

Depuis ce soir-là, je continue d’entendre parfois le rire d’enfant. Mais il ne me terrifie plus. J’ai choisi de croire que l’esprit de cette petite fille ne voulait pas nous faire de mal. Elle voulait seulement ne pas être oubliée.

 

Aujourd’hui encore, quand je regarde mon fils dormir, j’ai parfois l’impression qu’il n’est pas seul. Il sourit dans son sommeil, comme s’il écoutait une histoire racontée par une amie invisible. Et moi, au lieu de fuir, je murmure une prière silencieuse, espérant que cette âme perdue trouve enfin la paix.

 

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