Histoire oo12

 

J’y consacrai des semaines, ainsi qu’une somme considérable : près de mille dollars en matériel et accessoires. Quand enfin je posai le dernier coup de pinceau, je reculai, émue. L’armoire n’avait plus rien de vieilli ou d’abandonné. Elle ressemblait à une pièce d’art, digne d’une galerie ou d’un hôtel de charme.

 

 

 

L’anniversaire

 

Quelques mois plus tard, nous organisâmes une grande fête pour l’anniversaire de Marc. La maison débordait de rires, de musique, et de conversations animées. Les invités circulaient librement, admirant la décoration.

 

Quand Vanessa franchit le seuil, vêtue d’une robe écarlate comme à son habitude, ses yeux balayèrent la pièce. Puis elle s’arrêta net. Là, contre le mur, l’armoire trônait, majestueuse.

 

Je vis sa bouche s’ouvrir, ses yeux s’arrondir. Elle s’approcha lentement, comme attirée par un aimant. Elle caressa la surface lisse, suivit du doigt les motifs floraux, ouvrit et referma les portes avec précaution.

 

Puis elle se retourna vers moi, le visage sérieux :

— « Donne-la-moi. C’est mon armoire. Elle appartenait à ma grand-mère. C’est un héritage. »

 

Je faillis éclater de rire. C’était la même femme qui, des mois plus tôt, avait qualifié ce meuble de « kreng » inutile et m’avait presque suppliée de le débarrasser de sa vue. Mais à présent que l’armoire ressemblait à une pièce de collection, elle la déclarait « inestimable ».

 

 

 

Le dilemme

 

Autour de nous, les conversations s’étaient suspendues. Quelques invités nous observaient, intrigués. Vanessa insista, plus fort :

— « C’est à moi. Tu n’avais pas le droit de la transformer. Je veux la récupérer. »

 

Je sentis la colère me gagner, mais je respirai profondément. Me disputer ouvertement aurait gâché la soirée de Marc. Pourtant, il était hors de question de céder à son caprice……

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